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La naissance des Pobeda

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Message  Hanoi le Ven 20 Mar - 0:44

Durant la période d'industrialisation rapide de l'URSS, lors du second plan quinquénnal (1933-1938) les Soviétiques se mettent à la recherche d'un industriel occidental susceptible de les aider à développer une production horlogère de masse, la production des "Type 1" sur les vieilles machines achetées d'occasion aux USA  ne pouvant suffire.
En 1935, le pouvoir soviétique décide la création d'une troisième fabrique de montres sur base de la Fabrique de bicyclette Frounzé (ZIF), à Penza (à 555 km au sud-est de Moscou). C’est la société  LIP Horlogerie, de Besançon, qui sera choisie pour moderniser et développer l’industrie horlogère de l'URSS. Pourquoi LIP ? Parce les sociétés horlogères suisses d'abord pressenties refusèrent toutes de travailler avec la Russie soviétique ! C'est Fred Lipmann, petit-fils du fondateur, alors directeur technique, qui supervisera à partir de 1936 ces accords commerciaux avec l'URSS, recouvrant des achats de calibres et des transferts de technologie, et ce jusqu'à la seconde guerre mondiale.

La naissance des Pobeda Fred-l10
Fred Lipmann

LIP qui fournira de l'équipement et aussi le modèle de mouvement T-18 (T pour « Tonneau »), conçue par l’ingénieur André Donat et que LIP produira de 1933 à 1949. Des techniciens soviétiques firent des stages chez LIP sous la houlette d'André Donat en personne qui assure la supervision technique de la collaboration entre LIP et l’URSS. A Penza, la mise en place de la production est supervisée par les ingénieurs de LIP, mais aussi avec l'assistance de la 1ère Fabrique de montres de Moscou. Le développement se fait en un temps record puisqu'en 1938, la fabrique ZIF produit ses 1012 premières montres, de modèle T-18, sous la marque ZIF. De 1938 à 1940, 10.000 montres de femmes sont produites, rebaptisées en 1940 Zvezda (Звезда, "étoile").

La naissance des Pobeda Pub-fi10
La T18 de LIP

Dans un premier temps, LIP a également vendu une grande quantité de mouvements T18 pour alimenter la nouvelle fabrique avant qu’elle ne soit en mesure de produire ses propres calibres.
L’accord permet à l’URSS d’obtenir une technologie horlogère moderne et fiable, et Lip a obtenu l'argent nécessaire pour surmonter les problèmes financiers causés par son expansion rapide.
Mais LIP ne va pas seulement exporter son T18, elle va aussi fournir aux Soviétiques des R36 et R43 (pour montres de poches ZIM) et surtout, LIP va proposer le calibre R26 (R pour « ronde ») à 15 rubis, un ancien modèle (il a été conçu en 1908) dont la simplicité peut bien convenir à une production en masse de montres-bracelet. C’est ce R26 qui deviendra, en URSS, le calibre K26 "Pobeda".

Quelques mots sur André Donat (1908-1976) qui joue donc un rôle clé dans la genèse de la Pobeda.

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André Donat

André Donat a fait carrière avant-guerre chez LIP où il est directeur technique de LIP. En 1931, il avait produit un mémoire intitulé Système de numérotation des spiraux : il reçut pour cela le prix de la Société Suisse de Chronométrie. De cette étude devait naître un système de numérotation universellement appliqué. Il conçoit, on l’a vu, en 1933, le mécanisme T18 et c’est donc lui qui s’occupera de l’aspect technique du contrat de LIP avec les Soviétiques.

La naissance des Pobeda 12243310
Mémoire d'André Donat

En 1940, le régime de Vichy crée à Besançon du Comité d'organisation de l'industrie de la montre (COMONTRE) et du comité d'organisation de l'industrie horlogère (COHOR). André Donat devient le directeur adjoint du COMONTRE. En 1945, ces deux organismes fusionnent afin de créer le CEntre TEchnique de l'industrie HORlogère et André Donat en devient directeur. Cette promotion peut être liée à l’épuration. En effet, plusieurs responsables de l’horlogerie française seront condamnés pour collaboration, mais Donat est au-dessus de tout soupçon, à tel point qu’il plaide pour la défense du directeur de l’Ecole Nationale d’Horlogerie (ce qui n’empêchera pas ce dernier d’être condamné). En 1946, il rédige, à la demande des autorités, un rapport de 10 pages sur l'état de l'industrie horlogère française, ce document remarquable est une véritable photographie de la situation après la seconde guerre mondiale. André Donat restera directeur du CETEHOR jusqu'en 1971; puis il en deviendra le président jusqu'à sa mort en 1973.

La guerre va bouleverser les plans soviétiques. En 1940 la défaite de la France prive l’URSS de l’assistance de LIP. La Fabrique de Penza est privée de pièces et de machines. Elle en développera la production au point d’en fournir bientôt toutes les fabriques horlogères soviétiques.
Mais la guerre n’est pas encore terminée que l’URSS décide la production des K26. Le 23 juin 1944 la préparation du modèle par le NII Chasprom est achevée, les ingénieurs du Chasprom l'ont modifié et, par quelques points donc, il se différencie du R26 (alors que le Zvezda est quasiment identique au T18).
Le nom de "Pobeda" (Победа , Victoire) a été choisi (ou validé, cela dépend des versions) par Staline en personne en avril 1945, alors que l'Armée rouge se battait pour prendre Berlin.

La naissance des Pobeda Lip2610
Le R26 de LIP
La naissance des Pobeda K2610
Le K26 soviétique, on voit les différences au niveau du pont de rouage et du cliquet anti-retour

Une légende un peu malveillante veut que la décision de produire en masse une montre ait été consécutive à la découverte, par les soldats soviétiques, qu’en Occident les montres étaient très répandues, ce qu’ils auraient pu interpréter comme un signe de la supériorité du système capitaliste. Staline aurait voulu parer cela. C’est la version horlogère du mot voulant que Staline ai fait deux erreurs en 1945 : montrer l’Armée rouge à l’Europe et montrer l’Europe à l’Armée rouge… Or, on l’a vu, la production de la Pobeda avait été programmée avant-guerre et l’URSS avait commencé avant-guerre la production d’une montre-bracelet de masse, la Zvezda.

Une première petite série de Pobeda sort de la fabrique de Penza fin 1945, mais les premières montres pour le public sortent de la Fabrique Kirov à Moscou en avril 1946. À partir de fin 1946, elles sont aussi produites par la fabrique de Petrodvorets et par celle de Tchistopol et à partir de 1953 par la 2e Fabrique de Montres de Moscou alors que la Fabrique Kirov en abandonne la production pour se concentrer sur des modèles plus pointus.
En résumé, les Pobeda seront produites :
A la Fabrique de montres de Penza en 1945 pendant peu d’années
A la 1ère Fabrique de Moscou de 1946 à 1953 ou 1954 (1953 est la date généralement indiquée mais notre ami Petropavlosk en a une de 1954, voir ici). La Fabrique produira des mécanisme K-26 pour d’autres fabriques lorsque celles-ci entreprendront de produire des Pobeda.
A la Fabrique de Petrodvorets de 1949 à 1962. C’est d’ailleurs parce qu’elle se voit attribué le rôle de produire en masse des Pobeda qu’en 1949, la fabrique abandonne son ancien nom de  TTK-1 (Première Fabrique de Pierres de Précision) pour celui de Fabrique de Montres de Petrodvorets. Les premières Pobeda produites à Petrodvorets porteront encore sur le cadran TTK-1 et cela plusieurs années après le changement de nom (voir ici ).
A la Fabrique de Tchistopol de 1949 à 1960 (ou un peu plus tard)
A la 2e Fabrique de Moscou de 1953 à 1964
A la Fabrique Maslennikov (ZIM) de 1951 à 2004

La naissance des Pobeda Nta810
Un des premiers K26 produit (à Penza), sans cote de Genève, c'est peut-être un exemplaire de présérie mais il était emboité dans une "12 rouge"
La naissance des Pobeda Al310
Différence entre la platine du mouvement ci-dessus et celle du modèle standard, on voit que la simplification du modèle, pour en faciliter la production, s'est poursuive alors même que la production avait commencé. Une autre différence survenue très tôt est le remplacement de l'échappement en laiton par un échappement en acier.

Quelques K-26 standards de début de production:
La naissance des Pobeda 5kwo10
Un K26 de début de production sans la marque de Fabrique Kirov (1945)
La naissance des Pobeda Jk3g10
Un K26 de début de production avec la marque de la Fabrique Kirov (1947)
La naissance des Pobeda 7b6010
Un K26 de début de production à Tchistopol (1949)
La naissance des Pobeda Trot10
La variante du K26 à trotteuse (et à antichoc)

Parmi les toutes premières Pobeda produites à Penza, un modèle de prestige en argent:
La naissance des Pobeda Sam_5510
La naissance des Pobeda Sam_5511


Le catalogue de 1953 nous renseigne sur les premiers modèles de Pobeda

26-K
La naissance des Pobeda 26k10
C’est la première des Pobeda, la fameuse « 12 rouge ». Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 29,6mm, cardan argenté, index de chiffres noirs (sauf, donc, le 12) et chemin de fer noir. Elle a des aiguilles « romaines » très typique de métal bleui, qui disparaîtront sur les modèles ultérieurs. « POBEDA » est en lettres majuscules noires

29-K
La naissance des Pobeda 29k10
Version chic à boîtier en or d’un diamètre de 32mm, cadran argenté, graduations noires, index noir, aiguilles « plume » de métal doré. « POBEDA » en majuscules noires. « POBEDA » est en lettres majuscules noires.

34-K
La naissance des Pobeda 34k10
C’est la première Pobeda dont le mécanisme est anti-choc et dont le boîtier est hermétique. Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 30,6mm, le fond est en acier inoxydable gravé, le cadran est argenté, l’index est doré, les graduations noires, les aiguilles sont de type « plume », en métal doré. « POBEDA » est en majuscules noires.

36-K
La naissance des Pobeda 36k10
C’est la première Pobeda avec une trotteuse plutôt qu’avec une petite seconde. Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 33mm, cadran argenté, graduations et index noirs, aiguilles « plume » de métal bleui et trotteuse rouge. « POBEDA »  est en majuscules noires.

38-K
La naissance des Pobeda 38k10
Variante chic de la 36-K. Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 33mm, cadran argenté, graduations noires, index doré en relief, aiguilles « plume » de métal doré. « POBEDA » est en majuscules noires.

43-K
La naissance des Pobeda 43k10
C’est la première Pobeda avec un index luminescent et un boîtier étanche à l’eau et à la poussière et un dispositif antichoc. Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 33mm, cadran couleur cuivre, graduations noires, index noir rehaussé de matière luminescente verte, aiguilles « glaive » de métal noir avec matière luminescente, trotteuse rouge. Fond en acier inoxydable et le verre incassable. « POBEDA ». Présentée comme montre de sportif, on peut aussi l’imaginer à l’usage des militaires.

44-K
La naissance des Pobeda 44k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 32mm, cadran argenté, graduations noires, index noir rehaussé de matière luminescente verte, aiguilles « plume » de métal noir avec un filet de matière luminescente. « POBEDA » en majuscules noires. Fond en acier inoxydable. Mention « 1МЦЗ им КИРОВА » à six heures. « POBEDA »  en lettres majuscules noires.

45-K
La naissance des Pobeda 45k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 32mm, cadran noir, graduations blanches, index de matière luminescente verte, aiguilles « plume » de métal nickelé avec filet de matière luminescente, trotteuse rouge. « POBEDA » en lettres majuscules blanches.

52-K
La naissance des Pobeda 52k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 29,6mm, cardan argenté, graduations et index noirs, aiguilles « glaive » de métal bleui. « POBEDA »  en majuscules noires.

103-K
La naissance des Pobeda 103k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 32mm, cardan argenté, index de chiffres dorés bordés de noir et aiguilles « plume » de métal doré. Graduations noires. Mention « 1МЦЗ им КИРОВА » à six heures. Pobeda en lettres majuscules noires.


107-K
La naissance des Pobeda 107k10
Variante de la 43-K. Boîtier étanche à l’eau et à la poussière et un dispositif antichoc. Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 33mm, cadran noir, graduations blanches, index de matière luminescente verte, aiguilles « plume » de métal nickelé avec un filet de matière luminescente, trotteuse rouge. « POBEDA » en majuscules blanches. Fond en acier inoxydable et le verre incassable.  Présentée comme montre de sportif, on peut aussi l’imaginer à l’usage des militaires.

112-K
La naissance des Pobeda 112k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 29,6mm, cadran vernis d’une nuance dorée avec un index doré en relief. Graduations dorées. Aiguilles « feuille » de métal doré. « POBEDA » en lettres majuscules dorées et en relief.

114-K
La naissance des Pobeda 114k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 29,6mm, cardan argenté, graduations noires, index doré avec un cercle intérieur noir. Aiguilles « plume » de métal bleui. « Pobeda » en lettres cursives noire.

119-K
La naissance des Pobeda 119k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 29,6mm, cardan argenté mat avec quart parties argentées brillantes. Graduations et index noirs. Aiguilles « plume » de métal bleui. « Pobeda » en lettres cursives noire.

802-K
La naissance des Pobeda 802k10
Boîtier de laiton chromé d’un diamètre de 32mm, cardan argenté, graduations et index noirs et aiguilles « plume » de métal bleui. Mention « 1МЦЗ им КИРОВА » à six heures. « POBEDA » en lettres majuscules noires.

803-K
La naissance des Pobeda 803k10
Boîtier en or d’un diamètre réduit à 28,6mm, cardan argenté, graduations et index noirs et aiguilles « plume » de métal doré. « POBEDA » en lettres majuscules noires.

кп-1
La naissance des Pobeda Kp110
Version bijou. Boîtier spécial ovoïde en or encadrant la montre, bracelet spécial de métal doré. Cardan doré, index d’une autre nuance de doré. Graduations noires et aiguilles « plume » de métal doré.  « POBEDA » en lettres cursives noires.

Dans les années suivantes, le nombre de modèle va exploser, et les variations apportées au mécanisme K-26 de base va donner naissance à de nouvelles gammes (Start, Neva, Moskva, etc.). Le catalogue de 1960 en montre des dizaines, voire des centaines...

Source :
http://watchesz.free.fr/mfa/lip_au_pays_des_soviets.htm
http://people.timezone.com/msandler/Articles/DownesLip/Lip.html
http://vivreauxchaprais.canalblog.com/archives/2019/01/12/36987563.html
https://forums.watchuseek.com/f10/lip-r26-vs-pobeda-12673.html

Le catalogue de 1953 :
https://drive.google.com/file/d/0B889JfohTE3NVnhpVVhBc1JMOW8/view


Dernière édition par Hanoi le Ven 21 Aoû - 21:10, édité 6 fois (Raison : chvée)
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Message  Palpatine le Ven 20 Mar - 7:35

La naissance des Pobeda 2001630722

Très bel article encyclopédique Smile
ravi de savoir que l'horlogerie française via Lip a contribué au développement de l'horlogerie russe
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Message  lds le Ven 20 Mar - 11:16

C'est l'article le plus abouti et exhaustif que j'ai lu sur les Podeba, Merci Hanoi.

lds
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Message  YanKristian le Ven 20 Mar - 11:58

Merci Hanoï pour cet article remarquable de détails.

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Message  LeDocteur le Sam 21 Mar - 6:48

Merci Hanoi pour cet article : j'ai souvent lu que LIP avait collaboré avec l'URSS à leur production horlogère sans jamais que l'histoire soit racontée. C'est enfin le cas La naissance des Pobeda 89308
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Message  Erygyios le Sam 21 Mar - 7:19

LeDocteur a écrit:Merci Hanoi pour cet article : j'ai souvent lu que LIP avait collaboré avec l'URSS à leur production horlogère sans jamais que l'histoire soit racontée. C'est enfin le cas La naissance des Pobeda 89308

+1 On lisait souvent qu'il existait des liens entre l'horlogerie soviétique et franc-comtoise sans jamais que ce ne soit autant détaillé !

La naissance des Pobeda 979515 Pour ma part, la prochaine revue en approche sera celle d'une petite soviétique toute simple mais diablement attachante !



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Message  Hanoi le Sam 21 Mar - 10:53

J'ai édité le post en ajoutant une partie sur les premiers mécanismes

Pour ceux que l'aspect français de l'histoire intéresse particulièrement, je dois signaler que la collaboration entre LIP et l'industrie horlogère soviétique a repris après la guerre.
Il y a là encore une recherche à faire...
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Message  YanKristian le Sam 21 Mar - 12:16

Bonjour Hanoï, la recherche s’annonce fastidieuse. Sur le réseau se trouve un peu tout et son contraire. Par exemple, les deux éléments ci-dessous :

Trouvé sur VKontakt :

Yaroslav Kisil 17 février 2012 à 16h42
La «First Moscow Watch Factory» au moment de sa création (1930, appelée «First State Watch Factory») était la seule entreprise nationale à produire des montres de poche et des montres-bracelets à l'échelle industrielle. Auparavant, l'industrie horlogère de l'Union soviétique comprenait un certain nombre de petits ateliers, unis dans le Trust of Precision Mechanics. Cependant, les besoins de l'État en montres de haute qualité et modernes de sa propre production ne cessaient de croître.
En 1929, le gouvernement de l'URSS décida de créer la première usine horlogère dans le cadre du premier plan quinquennal. De 1930 à 1940 l’usine a produit 2,4 millions d'unités. Au début de la Seconde Guerre mondiale, elle est évacuée vers la ville de Zlatoust. Elle reprend le travail à Moscou en 1942 et fabrique des produits pour le front. Entre 1946-1961, l’usine produit des montres de la marque «Victory». En 1961, l'usine recevera le titre d’«Entreprise de travail communiste» mais aussi l'Ordre de Lénine (1966). Début des années 1970 l’usine est reconstruite. En 1973, elle a sorti plus de 3 millions de montres «Flight» dans 114 modèles externes avec divers appareils supplémentaires.

Yaroslav Kisil 17 février 2012 à 16h48
"Victory" est une marque horlogère spécialement produite dans la première usine horlogère de Moscou « Kirov » à l'anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale en 1946. Le nom de la montre, la conception et les spécifications techniques ont été personnellement approuvés par I.V. Staline.
Le mécanisme horlogé était marqué K-26 et était basé sur le calibre R-26 de la société horlogère française «Lip». Le mécanisme à l'époque était très efficace.
Le mouvement de la montre Victory contient 15 rubis, un équilibre sans exécution antichoc, une trotteuse latérale. Le coût des montres Pobeda en URSS ne dépassait pas 27 roubles.
Jusqu'en 1954, la montre produisait 1 MCHZ. Ensuite, la technologie a été transférée à d'autres usines horlogères de l'URSS: à la deuxième usine horlogère de Moscou, à Chistopol et à Kuibyshev (aujourd'hui Samara) à l'usine ZiM - Maslennikov, qui a produit Victory jusqu'au milieu des années 1990 du XXe siècle.
En URSS, la montre «Victory» était largement connue et jouissait d'une véritable renommée nationale. Ces montres ont été attribuées à des batteurs de production, des vétérans du travail honorés.
Watch «Victory» était également populaire dans les pays du camp socialiste. En 1985, un lot de montres jubilé a même été publié spécialement à la demande des pays de l'Organisation du Traité de Varsovie.
Aujourd'hui, la production de montres Pobeda est suspendue et la montre elle-même est une pièce de collection.
En Union soviétique, la production de montres Pobeda a été établie dans plusieurs usines:
Usine de montres Petrodvorets;
La première usine horlogère de Moscou;
La deuxième usine horlogère de Moscou;
Penza watch factory;
Usine horlogère de Chistopol;
Usine de Maslennikov.

Mais aussi :

Au début des années 1930, deux usines horlogères fonctionnaient déjà en URSS. En 1935, il a été décidé de construire une troisième usine pour la production de montres pour femmes. Après des négociations difficiles, il a été possible d'acheter du matériel à la société française LIP pour la production de montres de type T-18. À Penza, la construction de boîtiers d'horlogerie à l'usine de vélos de Frunze (ZiF) a commencé. Fin 1938, le premier lot de montres sous la marque ZIF est sorti. En 1940, l'entreprise Penza a reçu le nom de "3rd State Watch Factory", la montre ZIF a été renommée "Star". L'usine développe également la production de machines-outils domestiques et d'outils pour la production horlogère. En 1946, la sortie de la montre Victory a commencé. En 1949, l'usine revient à la production de montres exclusivement féminines et produit la première montre avec le nom "Dawn". Depuis 1965, toutes les montres de l'usine sont produites sous la marque "Dawn". Marques horlogères: "ZIF", "Star", "Victory", "Aurora", "Comet", "Dream", "Spring", "Dawn".
Source : https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ru&tl=fr&u=https%3A%2F%2Fjuvelirum.ru%2Fvidy-juvelirnyh-izdelij%2Fyuvelirnye-izdeliya-chasy%2Fchasovye-zavody-sssr%2F

Comment comprends tu ou interprète tu ces différences de discours ?

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Message  Hanoi le Sam 21 Mar - 12:27

Ils sont également imprécis et incomplets mais ni erronés ni contradictoires Smile
La recherche qu'il faudra faire c'est pour la collaboration entre LIP et le NII Chassprom après-guerre.
Cette collaboration pourrait avoir repris fin des années '50/début des années '60
Il semblerait même que LIP ai joué un rôle dans la naissance des montres à quartz soviétiques...
Mais tout cela est à vérifier...
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Message  YanKristian le Sam 21 Mar - 13:43

Savons nous si un membre du forum a un compte sur watchru ?
Il y a possiblement des réponses en Russie ou au moins des éléments de réponse.

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Message  Hanoi le Sam 21 Mar - 13:48

Je n'y ai pas de compte mais je m'y retrouve souvent comme visiteur dans le cadre de mes recherches
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Message  YanKristian le Sam 21 Mar - 13:49

De même, et pratiquant le Russe Google-traduction je ne me sens pas trop ... Very Happy

Résultat de la journée, j'ai trouvé cela sur un forum russe :
"Le modèle avec un si grand nom - Général de Gaulle, fruit de nombreuses années de recherche scientifique, qui, en fait, a conduit à la création de la première horloge électronique.
En mars 1952, un prototype de montres est présenté à l'Académie des sciences de Paris par Fred Leap (fondateur de la célèbre manufacture française LIP, qui produit cette montre). Par conséquent, cette journée est légalement instituée comme la première étape vers la création de montres à quartz.
Et quelques années plus tard, en 1958, deux modèles de ces montres sont présentés au général de Gaulle lui-même, qui les apprécie, ouvrant la voie à l'histoire avec sa reconnaissance."

Pas un mot sur les échanges, mais cela permet de mieux appréhender le calendrier dans lequel on peu chercher !

Deuxième mise à jour :
Pour affiner encore via le site du patrimoine de BFC :

http://patrimoine.bourgognefranchecomte.fr/connaitre-le-patrimoine/les-ressources-documentaires/acces-aux-dossiers-dinventaire/etude/05015d54-86e8-4439-9723-24518539a0c6.html

Privilégiant la qualité et la précision, ce dernier envisage dès 1946 de fabriquer des montres électriques. A la suite des travaux de son laboratoire de recherches, il présente en 1952 la première montre électrique du monde (commercialisée à partir de 1958) puis en 1968 son premier prototype de montre à quartz (commercialisée en 1975). Le nouveau calibre électromécanique R 27, qui équipe les montres "Electronic" vendues à partir de 1958, est toutefois trop coûteux et trop volumineux (il est muni de deux piles). Un nouveau calibre pour homme - le R 148 - est donc conçu en deux ans par une équipe dirigée par Jean Georges Laviolette et réunissant un ingénieur chronométrie (Jean Pommier), un dessinateur (Roland Guerber) et deux prototypistes mécaniciens (Jean Tortey et Jean Ubbiali). Ce calibre équipe des montres commercialisées aux Etats-Unis à la fin de 1962 puis en Europe l'année suivante. Il est décliné à partir de 1964 sous la forme du R 184 (ou Datolip), muni d'un quantième, qui le remplace à partir de 1967.
Fidèle à son habitude, Fred Lip fait de la publicité pour son entreprise en offrant en décembre 1958 deux montres électriques au général de Gaulle (1890-1970), élu président de la République française le 21 de ce mois, puis quelques semaines plus tard au général Eisenhower (1890-1969), président des Etats-Unis de 1953 à 1961. Ces montres sont animées par un mouvement R 27 mais ce sera ensuite un R 184 qui sera utilisé puis un mouvement à quartz pour la gamme Général de Gaulle (GDG) de Lip France.

La naissance des Pobeda 2797be10
Image du site précédemment cité

Donc dans cette période il faut peut être rechercher des similitudes architecturales chez Poljot et Slava ? J'ai regardé des Poljot 3050 c'est pas ça !


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Message  Hanoi le Sam 21 Mar - 21:04

in http://electric-watches.co.uk/makers/lip/lip-history

Russia produced the Poljot between 1965 and 1973, and virtually all its parts are interchangeable with the Lip R25. Similarly, there is a striking resemblance between the Lip T15 and the Slava. It seems certain that Lip sold technology at around this time to Russia. In 1969 Lip were invited to Russia to investigate bringing the Russian technology up to date, and a deal was signed in 1972 to allow Russia to get technical help from Lip. This cooperation continued until Lip’s demise in 1975, and resulted in the design of a Franco-Russian quartz watch. Note: the only sources I have for this information is the book by Marie-Pia Auschitzky-Coustans and references in articles in AFAHA bulletins. None of the sources I can find on Russian watches mention Lip.


La Russie a produit le Poljot entre 1965 et 1973, et pratiquement toutes ses pièces sont interchangeables avec le Lip R25. De même, il existe une ressemblance frappante entre le Lip T15 et le Slava. Il semble certain que Lip a vendu la technologie à cette époque à la Russie. En 1969, Lip a été invité en Russie pour enquêter sur la mise à jour de la technologie russe, et un accord a été signé en 1972 pour permettre à la Russie d'obtenir l'aide technique de Lip. Cette coopération s'est poursuivie jusqu'à la disparition de Lip en 1975 et a abouti à la conception d'une montre à quartz franco-russe. Remarque: les seules sources que j'ai pour ces informations sont le livre de Marie-Pia Auschitzky-Coustans et les références dans les articles des bulletins AFAHA. Aucune des sources que je peux trouver sur les montres russes ne mentionne Lip.
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Message  YanKristian le Sam 21 Mar - 21:25

Nick Downes L’auteur nous renvoie au livre « LIP des heures à compter ». Je poursuis ...

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Message  YanKristian le Dim 22 Mar - 13:19

Bonjour,
J'ai trouvé ceci, mais peut être cette source est déjà exploité :
Alan F.GARRATT, dans sa série naissance l’horlogerie soviétique, poursuite de l’histoire Hampden a un chapitre sur LIP. Extraits traduits :

« En 1936, Fred Lipmann, petit-fils du fondateur, devient directeur technique. Il a notamment signé des accords avec l'URSS pour exporter des technologies et des pièces afin de permettre à la Russie de créer sa propre industrie horlogère.
Les mouvements et l'équipement Dueber-Hampden n'ont pas permis aux Soviétiques de produire des montres de bonne qualité, et ils ont donc cherché d'autres moyens d'obtenir une meilleure technologie horlogère. En 1936, Fred Lipmann a signé un accord qui a permis à l'URSS d'acheter des mouvements et des pièces de montre, puis d'acheter la technologie de LIP.
L'URSS a obtenu une technologie horlogère moderne et fiable, et LIP a obtenu l'argent nécessaire pour surmonter les problèmes financiers causés par son expansion rapide.

Les ingénieurs et techniciens LIP ont supervisé l'installation d'une usine à Penza près de Moscou et formé des ingénieurs soviétiques. Ils ont également vendu une grande quantité de mouvements, T18 (tonneau) et R43 (montre de poche) pour alimenter les usines en phase de mise à niveau. In fine, l'URSS a produit quelque 10 millions de mouvements conçus par LIP dans les périodes avant et après la Seconde Guerre mondiale.
Le T18 produit par les Soviétiques s'appelait le Zvevda, le R43 s'appelait le Zim et le R26
s'appelait le Podeba.
Les montres Salyut utilisaient le mouvement R36, qui était également partie d'un accord entre LIP et la Russie.
L'Union soviétique a produit le Poljot entre 1965 et 1973, et pratiquement toutes ses parties
sont interchangeables avec le LIP R25. De même, il existe une ressemblance frappante entre
le LIP T15 et le Slava.
Il semble certain que LIP ai vendu la technologie à cette époque pour l'URSS. En 1969, LIP a été invité en Russie pour enquêter sur la mise à niveau  technologique de la Russie, et un accord a été signé en 1972 pour lui permettre d'obtenir des aides de LIP. Cette coopération s’est poursuivie jusqu’à la disparition de LIP en 1975 et a entraîné le design d'une montre à quartz franco-russe. LIP lui-même a continué à opérer en France jusqu'à ce qu'en février 1971, à 65 ans, Fred LIP a quitté ses fonctions de président de la société, mettant fin à plus de 100 ans de contrôle par la famille Lipmann. Dans les années qui ont suivi, il y a eu des changements de direction, un refinancement et de nouvelles campagnes de publicité, mais rien de tout cela n'a aidé, et en 1973, ils sont en pré-liquidation.
Cependant, les syndicats n'étaient pas d'accord avec la fermeture de l'usine et c'est ainsi que commença l’actions syndicales spectaculaires qui devaient marquer la fin de l'entreprise. LIP a cessé sa production en 1976.

Variante LIP R26.
Ce mouvement a été installé dans la montre-bracelet la plus populaire de l'Union soviétique. Appelé "Pobeda" signifiant Victoire (le nom choisi par Staline), il est apparu pour la première fois en 1945 et a continué à être fabriqué à travers de nombreuses nouvelles usines ainsi que dans l'existante Usines de Moscou. En 1950, l'assemblage des montres Pobeda est passé à système automatisé à courroie qui a non seulement augmenté le rendement, mais aussi amélioré la qualité. En 1951, la production totale annuelle de montres à 1 MCHZ avait atteint un demi-million et 1955, 1,1 million de pièces. Les modèles Pobeda restent en production.
Le LIP R43 s'appelait «Zim». En 1969, LIP a été invité à accompagner les Soviétiques dans la mise à jour de la technologie, plus tard en 1972, un accord a été convenu donnant aux Soviétiques une assistance technique. Cette coopération a duré jusqu'en 1975, date à laquelle LIP a fermé. La montre de poche qui a effectivement succédé au Type-1 était la «Molnija». Après-guerre, les horlogers suisses de renom, Cortébert, ont été approchés par la Russie soviétique pour apporter assistance et conseil technique. Ils ont acheté du matériel qui leur a permis de copier le mouvement Cortébert calibre 616 sous le nom de «Molnija». La production de cette montre s'est poursuivie tout au long de la période soviétique. »

Inconvénient majeur il cite Nick Downes comme sa principale source concernant LIP

Sinon :Extrait du journal officiel de la république française du 20 juin 1946 décret N°46-1505 du 12 juin 1946 : portant sur l’arrangement France URSS et les relations commerciales réciproques.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9770529n/f3.item.r=1972%20soviétiques%20accord%20échange%20LIP

Je vous prépare un petit bonus

1937 journal de la machine moderne :
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Message  YanKristian le Dim 22 Mar - 15:07

La naissance des Pobeda La_mac13
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Voilà ...

L'extrait du JO relatif au changement de noms de Fred Lippman :
La naissance des Pobeda Journa10

La publication de son mariage dans l'excelsior :
La naissance des Pobeda Excels10

Et un article qui démontre que certains problèmes ne sont pas nouveaux Very Happy
La naissance des Pobeda La_pub10

Concernant le texte support de l'échange franco-soviétique je n'ai trouvé que cet extrait de publication de 1967 :
1967 COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ENTRE LA FRANCE ET L'U.R.S.S.
CHAMP D'APPLICATION ET LIMITES


« II ne s'agit pas d'une politique de circonstance, mais d'une politique à longue échéance ».

(Alexei Kossyguiné).

Le voyage du général de Gaulle en Union Soviétique, au mois de juin 1966, a consacré la politique d'échanges plus actifs qu'avait amorcée, deux ans plus tôt, l'accord commercial à long terme. En vertu de la déclaration commune du 30 juin, de nombreux organismes, créés spécialement, ont été chargés d'organiser la coopération économique entre la France et l'U.R.S.S. ; les missions techniques se sont multipliées ; une chambre de commerce franco-soviétique a vu le jour. Le bilan de l'œuvre accomplie est imposant.

Mais les accords de 1966, s'ils présentent de grands avantages sur le plan politique, jouent à l'intérieur d'étroites limites. Douze mois après leur signature, alors que va se réunir la commission chargée de vérifier l'exécution de l'accord commercial à long terme, il importe de rappeler que la coopération économique entre les deux pays ne peut, dans l'immédiat du moins, se développer au-delà d'un certain seuil et qu'il ne faut donc pas attendre des résultats spectaculaires.

I. - Le cadre des échanges franco-soviétiques
Le développement des échanges entre la France et l'Union soviétique ne date pas des rencontres « au sommet » qui ont marqué l'année 1966. La décision remonte au 30 octobre 1964, date à laquelle fut signé l'accord à long terme qui régit aujourd'hui les relations commerciales entre les deux pays.

En revanche, 1966 a marqué le départ d'une politique de coopération dont le principe se trouve énoncé dans la résolution commune publiée le 30 juin à l'issue du voyage du général de Gaulle en U.R.S.S.

Les échanges franco-soviétiques s'inscrivent par conséquent dans un cadre technique tracé en 1964 sur lequel sont venus se plaquer des accords plus généraux conclus en 1966 (1).

L'accord de commerce régit les échanges commerciaux entre la France et l'U.R.S.S. pour une période de cinq ans. Son renouvellement devra intervenir dans les derniers mois de 1969. Globalement, il prévoit que les échanges entre les deux pays doubleront au cours de cette période, dresse les orientations de base et définit une liste de produits à échanger sans limitation.

L'Union soviétique, comme par le passé, vendra à la France des matières premières énergétiques (1.825.000 tonnes de pétrole, 916.000 tonnes de produits pétroliers, 1.300.000 à 2.000.000 de tonnes d'anthracite) minérales, (100.000 tonnes de manganèse, 75 à 80.000 tonnes de chrome, 3 à 40.000 tonnes d'amiante, 2.000 tonnes de zinc, 1.000 kilos de plomb, 15.000 kilos de paladium). Mais, fait nouveau, elle vendra aussi d'importantes quantités de biens d'équipement et de machines (pièces détachées, tracteurs, excavateurs, machines- outils, etc..) la valeur de ces dernières exportations devant passer de 20 millions de francs en 1965 à 50 ou 70 millions de francs en 1969.

(1) Les données techniques contenues dans cette étude ont pu être réunies grâce à l'obligeance du Comité de prospective du Centre National du Commerce Extérieur, de la Direction des Relations Extérieures et du Service de l'Information du Ministère de l'Economie et des Finances.
Les ventes de la France à l'U.R.S.S., de leur côté, se diversifieront : de 1965 à 1969, elles atteindront un total de 3.560 millions de francs, ce qui constitue un doublement de la valeur prévue dans le précédent accord triennal, et concerneront essentiellement des machines et des biens d'équipement (destinés à l'industrie chimique et pétrochimique, à l'industrie de la cellulose et du papier, à l'industrie légère et alimentaire) et des demi-produits (produits sidérurgiques, fibres synthétiques et artificielles, colorants, etc.). Les ventes de cette seconde catégorie devront atteindre une moyenne de 130 millions de francs par an.

Afin de faciliter les échanges, les exportations françaises à destination de l'U.R.S.S. sont soumises aux règles normales de l'assurance crédit. Quant au crédit proprement dit, il se trouve réparti en deux tranches égales de 1.780 millions de francs dont la première joue sur cinq ans à compter de la livraison ou de la mise en marche des usines, tandis que la seconde s'étale sur sept ans.

Dans le but de vérifier l'exécution de l'accord et d'en établir les adaptations annuelles, des représentants plénipotentiaires de chaque gouvernement se rencontrent une fois paran. Cette conférence, connue sous le nom de « commission mixte permanente de l'accord commercial à long terme », s'est réunie pour la première fois au mois de mai dernier. Elle a décidé qu'à l'occasion de sa réunion annuelle, un rapport établi par les experts du ministère français de l'Economie et des Finances et du ministère du Commerce extérieur de l'U.R.S.S. lui sera soumis ainsi que, le cas échéant, des propositions concrètes portant sur l'orientation et le volume des échanges commerciaux.

L'accord commercial est entré en vigueur le 1" janvier 1965. Deux ans après, son exécution se poursuit normalement, sans avoir entraîné la transformation profonde des échanges franco- soviétiques que certains espéraient et que d'autres redoutaient. Les ventes de produits soviétiques présentent toujours une grande stabilité structurelle puisqu'en 1966, trois postes suffisaient à représenter plus de 66 % du total des importations françaises de produits soviétiques : produits pétroliers (27,5 %) anthracite (24,4 %), bois et pâtes (14,8 %). La composition des ventes françaises à l'Union soviétique s'est cependant légèrement modifiée, conformément d'ailleurs aux directives de l'accord.

— En premier lieu, le pourcentage des biens d'équipement, qui était de 55 % en 1961, s'est fortement réduit et ne représente plus aujourd'hui que 32 % de nos ventes à l'U.R.S.S.

— En second lieu, nos exportations de produits sidérurgiques en direction de l'U.R.S.S. se sont fortement réduites, passant de 140 millions de francs en 1961, à 27 millions de francs en 1965.

— Enfin, les ventes françaises ont commencé à se diversifier, certaines catégories de produits se développant rapidement, tels les produits chimiques (17 % en 1966) ou les produits textiles (12 %).

Dans le courant de l'année 1966, il s'est de part et d'autre manifesté le désir d'accroître le niveau des échanges. L'U.R.S.S. a fait savoir qu'elle envisageait de commander aux chantiers navals français (l'Atlantique, La Seyne et La Ciotat) douze navires frigorifiques de 1.000 tonnes chacun ; ces commandes présentent un particulier intérêt du fait de la crise qui sévit
actuellement sur les chantiers navals français. De son côté, la France a procédé unilatéralement à la suppression complète (les exportations soviétiques en France demeurant seulement soumises à l'obtention d'un visa technique) des contingents existant pour la plupart des produits en provenance de l'U.R.S.S. (à l'exception toutefois du charbon et des produits pétroliers). Si bien que, mis à part ces deux catégories, il ne reste plus désormais que 10 % des produits soviétiques importés en France qui soient contingentés.

Une certaine inquiétude s'est malgré tout manifestée du côté français dans les derniers jours de 1 966 en raison du retard pris par l'U.R.S.S. dans ses achats de biens d'équipement. Une opération de compensation a été montée au mois de janvier dernier, qui prévoit l'achat par la France de 30.000 tonnes de coton en contrepartie d'achats soviétiques de biens d'équipements français. Il semble d'ailleurs que le déficit enregistré par la France dans ses échanges commerciaux avec l'U.R.S.S. doive être eD partie effacé durant l'année en cours, la plupart des contrats d'achats de biens d'équipements conclus par l'U.R.S.S. en 1965 et 1966 devant venir à exécution en 1967. Dores et déjà les experts français prévoient pour 1967 un doublement des ventes de produits français à l'Est et une croissance encore beaucoup plus forte des ventes de biens d'équipement qui pourraient se trouver multipliées par quatre.

Du côté soviétique comme du côté français se trouve enfin exprimée la conviction que la coopération scientifique et technique qui constitue le second volet des accords du 30 juin 1966 entraînera un fort courant d'échanges dans certains secteurs de pointe. Les accords de fabrication qui se multiplieront dans le cadre de la coopération devraient déboucher, dans des délais relativement brefs, sur une accélération remarquable des échanges commerciaux.

Les accords de coopération sont le résultat des visites réciproques effectuées par les chefs d'Etat soviétique et français au cours de l'année 1966. Le principe même de la coopération se trouve explicitement posé dans la déclaration commune du 30 juin. C'est donc cette déclaration qui constitue le fondement(1) U.R.S.S. (75 % de la production industrielle du COMECON), Albanie, Allemagne de l'Est, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie.

(2) Allemagne de l'Ouest, France, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas.


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Message  Hanoi le Dim 22 Mar - 19:06

Ce sont de bons matériaux.
On finira bien par tomber sur le jackpot Smile
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Message  YanKristian le Lun 23 Mar - 9:02

Transféré, je laisse la ligne ci-dessous pour assurer un suivi :
Slava fut une entreprise bisontine jusqu’en 1995 date de la liquidation. Au début, l’usine était située à l’angle de la rue Henri-Baigue et de la rue Nicolas Bruand.
En 1976, elle déménage rue Jouchoux (le parc Slava actuel ! Marrant il n’y a toujours pas de parc Lip, Sarda ou Ultra à Besançon).



Dernière édition par YanKristian le Lun 23 Mar - 9:55, édité 1 fois

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Message  YanKristian le Mar 24 Mar - 16:20

Quelques lignes issues de l'article ci dessous, les éléments pertinents serait en provenance d'un dénommé Kevin de chez Strela ... sans précisions.
Source : https://netgrafik.ch/russian_space_watches.htm

"NII-Chasprom était l'institut d'horlogerie le plus élitiste de l'ère soviétique, qui a non seulement conçu et construit des montres électroniques expérimentales, mais a également certifié les chronomètres de marine. Au début des années 1960, NII-Chasprom a fabriqué des montres «électroniques» spécialement pour une utilisation dans le programme spatial. Le format était de 24 heures avec date. Que ce soit le balancier ou le diapason n'est expliqué nulle part, mais ce n'était certainement pas du quartz, car une telle technologie n'existait pas encore en taille de montre-bracelet. Un total de 29 ont été réalisés. Belyaev aurait porté un sur la mission Voskhod-2 et Artyukhin sur le Salyut 3."

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Message  YanKristian le Mar 24 Mar - 22:32

Revue la machine moderne janvier 1939 encart colonne de droite :
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Message  Hanoi le Mar 24 Mar - 23:45

Puisqu'il est question du NII Chasprom: voir ici, avec un passage et une photo de la fameuse montre spatiale.
(à ne pas confondre avec la MGO Chasprom: voir ici)
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Message  YanKristian le Mer 25 Mar - 9:11

... Et c'est bien là que cela va coincer, les archives sont ici :

Institut de recherche scientifique de l'industrie horlogère "NIIchasprom" du ministère de la fabrication d'instruments, des moyens d'automatisation et des systèmes de contrôle de l'URSS, Moscou, 1940 -
Fonds: R-163, 2303 unités. heure, 1936
Unité de stockage: 2303
Cas: 2303 е хр.

L'Institut de recherche scientifique en génie des instruments "NIIP" a été créé par arrêté du Commissariat du peuple au génie général de l'URSS du 7 septembre 1940. L'Ordre du Commissariat du peuple aux armes à mortier de l'URSS du 16 juillet 1942 a été renommé Institut de recherche scientifique n ° 5 (NII-5). Par ordre du ministère de l'URSS du génie mécanique et de l'ingénierie des instruments en date du 17 mai 1946, il a été renommé Institut de recherche scientifique de l'industrie horlogère NIIchasprom.
L'Institut était dirigé par:
- Commissariat du peuple à l'ingénierie générale de l'URSS (1940 - 1941);
- Commissariat du peuple aux armes de mortier de l'URSS (1941 - 1946);
- Commissariat du peuple au Ministère de l'ingénierie mécanique et de l'ingénierie des instruments de l'URSS (1946 - 1953, 1954 - 1956);
- Ministère de l'ingénierie de l'URSS (1953 - 1954);
- Ministère de la fabrication d'instruments et des moyens d'automatisation de l'URSS (1956 - 1957);
- Conseil économique de la ville de Moscou (1957 - 1959);
- Comité d'État du Conseil des ministres de l'URSS pour l'automatisation et l'ingénierie (1959 - 1963);
- Comité d'État pour l'ingénierie des instruments, les moyens d'automatisation et les systèmes de contrôle relevant de la Commission de planification d'État de l'URSS (1963 - 1965);
- Ministère de la fabrication d'instruments, des moyens d'automatisation et des systèmes de contrôle de l'URSS (1965 -).
L'Institut avait une succursale ouglitch.
L'Institut s'est engagé dans la création d'instruments techniques du temps destinés à être utilisés dans l'industrie, l'agriculture, les transports, les systèmes de communication et la vie quotidienne; détecteurs spécialisés de l'heure actuelle, compteurs d'intervalle de temps.
Documentation de recherche.
Développement des fondements théoriques du chronométrage. Création de méthodes d'ingénierie pour le calcul des horloges et des horloges. Développement de nouveaux modèles de montres et de mécanismes d'horlogerie domestiques et techniques. Amélioration de la fiabilité des dispositifs horaires et de leurs principaux composants. Développement d'huiles et lubrifiants spéciaux, technologie de lubrification. Création de nouveaux matériaux spéciaux et conceptions d'outils pour l'industrie horlogère. Développement d'un système unique "SEPT" d'application de masse. Essais sur la théorie et l'histoire des montres et de l'industrie horlogère en Russie.
Documentation de conception.
Documents pour la conception des montres: balance murale, poche, précision de poche, marine, poignet électrique; réveil avec un démarrage hebdomadaire, minuteries, chronométreurs, chronomètre électrique, indicateur de temps, chronomètres de contact marin.
Documentation de gestion.
Statuts et règlements de l'Institut. Ordres des organisations supérieures. Ordres et ordres de l'Institut pour les activités principales. Procès-verbaux des réunions du Conseil Scientifique et Technique et de ses sections, le Conseil Art et Technique. Plans thématiques de recherche et développement. Plans de travail.Plans financiers. Rapports sur la mise en œuvre des plans thématiques de recherche et développement. Fiches de recherche complétées par l'institut.Correspondance avec des entreprises horlogères en France et en Suisse sur des questions de coopération scientifique et technique. Rapports sur les activités principales et les investissements en capital. Rapports statistiques sur le travail avec le personnel. Horaires. Matériaux sur la rationalisation et l'invention.Documents du comité local.
La fondation a reporté la documentation de conception de la Second Watch Factory en 1936, 1939.

Archives d'État russes de documentation scientifique et technique (RGANTD)
117393, Russie, Moscou, ul. Profsoyuznaya 82
http://rgantd.ru/

Seulement il faut se déplacer (et pour les étrangers, prévenir les archives 10 jours avant la visite)...

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Message  Erygyios le Mer 25 Mar - 20:48

Ce post devient encyclopédique Shocked ! Chapeau !

N'ayant le temps de lire qu'en diagonale en ce moment … qu'en est-il des archives de chez LIP ? Ne serait-ce pas une autre idée pour trouver des sources sur le sujet ? A-t-on idée dans quelle mesure la marque a conservé les archives et est prête à y laisser accès ?
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Message  Bozouich le Mer 29 Avr - 19:38

Hanoï, j'ai un ami originaire de Vostokie, au demeurant ancien cadet du lycée militaire Souvorov, qui est très étonné par la passion nourrie en France (et à l'Ouest en général) vis à vis des montres russes. La présentation de faits ou du contexte historique présidant la création de telle marque ou de tel modèle l'a rendu plus curieux. Un tel exposé sur Raketa le rendrait assurément fana. Merci encore
A ce propos, les Vostokiens sont de moins en moins insensibles à leur industrie horlogère, en témoignent les prix toujours plus chers pratiqués sur Meshok, le EBay russe qui s'adresse principalement aux gens du coin.


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Message  Hanoi le Jeu 30 Avr - 0:52

J'avais fait un petit topo sur Raketa ici
C'est plutôt sommaire mais à la fin, il y a le lien vers un chouette documentaire vidéo réalisé il y a quelques années pour Raketa.
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