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Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV

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Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV Empty Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV

Message  Hanoi Sam 10 Sep - 22:17

LA FAIBLESSE DU BRIZ

La bureaucratie, la paperasserie, l’incompétence et les chevilles carrées dans les trous ronds se rencontrent partout dans le monde. L’Union soviétique n’est pas exempte de bureaucratie, bien qu’elle soit différente dans son origine et son caractère de la bureaucratie que l’on trouve dans les pays capitalistes. Dans ces derniers, la bureaucratie résulte nécessairement de la division de la société en classes, de la séparation d’une classe dirigeante et administrative au-dessus des travailleurs ; en Union soviétique, c’est un héritage du passé qui est combattu et progressivement surmonté. Dans cet énorme pays agricole qui a souffert de la malédiction du tsarisme et a été maintenu en arrière avec une intention vicieuse, ce serait un miracle si, dans ses vastes efforts pour faire de la paysannerie des ouvriers qualifiés et des administrateurs formés, il n’y avait jamais eu de fautes ou d’échecs, s’il n’y avait jamais eu un cas de bureaucratie, de stupidité ou d’incompétence, s’il n’y avait jamais eu de chevilles carrées mal placées comme Koutnitzov dans des trous ronds. Ces cas sont la rougeole de cette grande industrie nouvelle, sa « maladie infantile », comme on dit.

Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV 5-5-7610

C’est ce qui s’est passé avec notre usine BRIZ. Chaque usine a un département BRIZ qui est censé s’occuper des propositions faites par les travailleurs pour rationaliser les processus de travail et s’occuper des inventions – en fait, tout ce qui aide la production de l’usine. Le BRIZ de notre usine a été organisé à peu près au moment où j’ai commencé à travailler. Mais nous n’avions pas d’expert aux idées progressistes pour le gérer. De nombreuses suggestions précieuses ont été perdues à jamais, le bureau de la BRIZ ayant négligé d’en conserver une copie.
Personne ne m’a dit qu’il y avait dans notre usine un bureau qui existait uniquement dans le but de tester les suggestions. J’ai donc fabriqué moi-même un accessoire pour la perceuse à colonne afin d’éliminer la fine bavure du couvercle et de la lunette de la montre, ou biseau, sans la soumettre comme suggestion. Cela a immédiatement libéré deux ouvriers qui grattaient la bavure à la main. Après cela, le camarade chargé de la rationalisation est venu me demander d’autres suggestions. Je lui ai montré comment je polissais les anneaux centraux de nos filières sans poudre de diamant et qu’ils étaient tout aussi bien faits et efficaces. Ne connaissant pas la différence, il demanda à l’un des anciens Américains, qui répondit qu’en Amérique ce travail était toujours fait avec de la poudre de diamant. Pour cette raison, il n’a pas accepté ma suggestion. Néanmoins, je n’utilise jamais de poussière de diamant pour ce travail et tout le monde dans notre atelier fait comme moi pour le polissage des matrices fines. Cela permet d’économiser beaucoup d’argent. Mais notre BRIZ … !
Lorsque notre approvisionnement en forets centraux américains s’est épuisé, j’ai suggéré que nous devions fabriquer nos propres forets. J’ai esquissé un processus technologique et j’ai montré au contremaître comment utiliser le dispositif de d’étalonnage sur le tour Hendey. Au lieu de faire ce que j’avais dit, ils ont fabriqué 200 forets cylindriques. Puis ils m’ont dit que la suggestion n’avait pas fonctionné. J’ai suggéré des formules spéciales pour durcir des outils spéciaux, mais ces formules n’ont même pas été testées.
Ces quelques exemples montrent comment un bureau de rationalisation ne doit pas fonctionner. Au total, j’ai fait quarante-six suggestions. Presque toutes ont été acceptées, mais très peu ont été réentendues. Les seules qui ont abouti à quelque chose étaient celles que je pouvais faire et réaliser moi-même. Pour celles-ci, j’ai reçu des primes s’élevant à 1 678 roubles. Je mentionne ceci pour montrer que les suggestions ont de la valeur pour l’usine. Les autres travailleurs étrangers et de nombreux travailleurs soviétiques ont également fait de nombreuses suggestions précieuses, dont la plupart ont connu le même sort que les miennes, étant soit ignorées, négligées ou perdues.
C’était grave et un procès des responsables a finalement eu lieu à la Maison des syndicats. J’ai accusé le directeur technique de l’usine, le chef du BRIZ de l’usine et le président du comité syndical de notre atelier d’avoir négligé mes suggestions. L’affaire a été examinée par l’avocat du syndicat. Trente suggestions étaient concernées. La décision prise a été que toutes les suggestions devaient être mises en œuvre immédiatement. Mais rien n’a été fait.
Je me suis ensuite adressé au journal Moscow News qui a pris l’affaire à bras le corps. Une commission de vingt-cinq ouvriers de l’usine a été formée. Il en est résulté que vingt-neuf des quarante suggestions ont été acceptées et qu’il a été ordonné de les mettre en œuvre. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. D’une certaine manière, cela donne l’impression que ces tentatives étaient vaines. Mais il n’y a rien d’inutile ou d’absurde dans cette affaire. Les responsables ont souvent des raisons parfaitement réalistes et convaincantes pour justifier leur négligence et leurs retards. La plupart des industries soviétiques sont nouvelles. Elle est organisée sur une grande échelle. Tout le monde est occupé, les administrateurs, les directeurs et les fonctionnaires travaillent certainement beaucoup plus qu’une journée de travail normale. La plupart d’entre eux sont absorbés par leur propre travail immédiat, faisant les choses prioritaires – ou ce qu’ils considèrent comme telles – en premier. Cela explique un bon nombre de difficultés avec mes suggestions. Mais, l’importance des suggestions des travailleurs, et surtout de celles des travailleurs qualifiés des pays capitalistes avancés, est trop vitale pour que l’on puisse tolérer cette négligence.
Par exemple, dans la platine de notre plus grande montre, il y a trente-six trous. J’ai conçu une perceuse à tête multiple pour réaliser douze trous à la fois. Comme la tête est semi-automatique, un seul opérateur pourrait faire fonctionner les trois perceuses. L’efficacité serait ainsi portée à 100 %. À l’heure actuelle, ces trous sont percés séparément et occupent douze opérateurs qui travaillent en deux équipes sur les six machines. Si toute l’usine travaillait en deux équipes au lieu d’une seule comme c’est le cas actuellement, cela signifierait quatre équipes pour ces six opérateurs, ce qui serait impossible sans plus de machines.
Ces têtes multiples, qui permettraient d’économiser tant de temps, de travail et d’argent, ont été rejetées parce que le directeur technique a estimé que leur fabrication coûterait environ dix mille roubles. Je demande, qu’est-ce que c’est par rapport à une efficacité de 100 pour cent ?
Nous pourrions de même augmenter la production d’au moins vingt-cinq pour cent dans d’autres opérations lentes. Je m’occupe actuellement de toutes ces questions avec la Société des inventeurs.
C’est le genre de difficultés que l’on rencontre ici et là dans les usines soviétiques, du fait de l’inexpérience et du manque de formation des personnes chargées de l’administration des usines. Ce ne sont pas des difficultés qui révèlent quelque chose de fondamentalement mauvais. D’une certaine manière, selon la façon dont vous regardez – et vous devez regarder ces choses sous un angle correct – ce sont des difficultés fondamentalement encourageantes, résultant de l’établissement particulier, sans exemple, soudain et de la croissance rapide de la grande industrie dans ce qui était le pays le plus arriéré d’Europe. En effet, si ce n’était pas pour ce fait, cerla ne vaudraient pas la peine de tenter de surmonter ces difficultés. Aussi irritants que certains obstacles puissent parfois paraître, il y a toujours, derrière cette irritation, la conscience profonde et inspirante que chaque chose que vous faites en vaut vraiment la peine. C’est ainsi que je le prend, en tout cas. Je suis déterminé à me battre pour obtenir des choses dans mon usine qui, je le sais, profiteront à l’usine et à tous ceux qui y travaillent. Je me consacre à la victoire. Je sais que je gagnerai. Nous gagnerons tous. Nous construisons le socialisme et nous gagnerons en apprenant. Nos obstacles ne sont que temporaires et, dans toutes les phases de la vie de cette grande République des travailleurs, ils seront progressivement abattus.

***

Un autre grand obstacle à l’efficacité dans la plupart des départements est la mobilité de la main-d’œuvre. Je connais de nombreux cas où des travailleurs qui avaient acquis un peu d’expérience dans un travail et qui étaient tout juste capables de faire ce travail correctement, ont été retirés et transférés dans d’autres départements. Dans mon propre cas, j’ai eu quatorze travailleurs à former en l’espace de deux ans. Mais seuls deux sont restés avec moi depuis le début. Bien sûr, il y a une bonne raison à cela – le manque de travailleurs ayant une formation et le besoin absolu d’en avoir ailleurs. D’autre part, de nombreux travailleurs sont autorisés à quitter l’usine après avoir acquis une grande expérience dans notre travail. Là encore, il s’agissait souvent d’une pénurie. C’est la raison principale pour laquelle il n’est pas possible d’avoir beaucoup de travailleurs expérimentés dans notre usine. Cependant, cette fois-ci, nous nous battons de notre côté. La situation, bien sûr, n’est pas aussi mauvaise qu’elle l’était, d’autant plus que le camarade Staline, dans son célèbre discours sur les Nouvelles Conditions, nouvelles tâches [Nouvelle situations, nouvelles tâches de l’édification économique – discours prononcé à la Conférence des dirigeants de l’industrie, le 23 juin 1931] , a établi que ce genre de choses, dans nos conditions actuelles de grande échelle, ne peut être toléré.
Dans ses directives aux dirigeants de l’industrie soviétique, qui découlaient de son analyse de la flaccidité du travail, le camarade Staline a dit, entre autres, que les ouvriers pouvaient être attachés à l’usine « en introduisant un système de paiement qui donnera à l’ouvrier qualifié ce qui lui revient… nous devons stimuler l’ouvrier non formé pour qu’il progresse lui-même ».
Il y a plus d’un an, lorsque le travail aux pièces a été attribué pour la première fois à notre travail dans l’atelier d’outillage, il a été dénoncé et rejeté par tous les ouvriers. Seule ma brigade a pris en considération le fait que le coût de chaque outil fabriqué devait être connu. Nous avons donc décidé d’être les premiers à introduire le travail à la pièce. J’ai spécialisé ma brigade dans la méthode américaine qui est utilisée dans toutes les grandes entreprises manufacturières et j’ai fait une étude de temps de tout notre travail. Le résultat a été que mes garçons ont gagné plus que ce que leur taux de salaire ordinaire leur permettait. Ils ont montré l’exemple aux autres ouvriers qui, depuis lors, ont également accepté le travail à la pièce. Et maintenant, aucun d’entre eux ne veut revenir à l’ancien taux de rémunération mensuel. C’est la principale raison de l’amélioration considérable de la qualité et de la quantité de notre travail dans l’atelier d’outillage. Au lieu d’une production de 60 %, ce qui était un résultat sous le système de rémunération mensuelle, sous le système du travail aux pièces, nous réalisons maintenant près de 100 % du plan. Il est toutefois nécessaire de mentionner également le système de comptabilité analytique qui prend en charge les travailleurs et les apprentis les moins bien payés. En résumé, le système du salaire aux pièces donne à chaque travailleur exactement ce qu’il gagne et n’est pas utilisé, comme dans les pays capitalistes, comme un dispositif pour faire suer le travailleur.

NOTRE JOURNAL D’USINE ET NOTRE JOURNAL MURAL

Comme beaucoup d’autres établissements soviétiques, nous avons un journal imprimé qui paraît tous les six jours. Ce n’est pas exactement un « journal » au sens où on l’entend. Il donne très peu de nouvelles. D’autre part, il critique sévèrement et attaque tous ceux qui sont en faute. La faute peut être légère, voire tolérable. Mais notre journal la relève et la martèle. L’unique intention est de corriger la faute. Tout travailleur peut écrire à cœur ouvert dans notre journal. Pour la critique, il n’y a pas de limite d’espace. L’ouvrier soviétique cogne dur. Quand il a quelque chose sur le cœur, il le donne au journal de l’usine. Le rédacteur de notre journal, qui est aussi un ouvrier de l’usine et qui s’intéresse sincèrement à la correction des fautes, se charge de suivre la faute. Lorsqu’elle est corrigée, le journal fait l’éloge de tous ceux qui ont contribué à la corriger. Notre journal a un œil de lynx sur la production et attire notre attention sur elle. Si la production s’améliore ou si, par exemple, le département des platines produit plus de 100 % sans beaucoup de gaspillage, le journal ne tarit pas d’éloges et donne tout le crédit au département concerné.
Cependant, l’ouvrier soviétique a tellement de choses sur le cœur à propos de son usine dont il est copropriétaire, et il est si profondément concerné par la production qu’il écrit aussi ses plaintes dans le journal ou le bulletin mural. Chaque département de notre usine a un journal mural. Même les travailleurs étrangers et les spécialistes ont un journal mural pour eux. Et chacun écrit sa critique franche des personnes et des choses et essaie de corriger les défauts.
Notre journal mural international est un véritable polyglotte, puisqu’il est rédigé en partie en anglais, allemand, italien, français et yiddish. L’objectif de ces journaux muraux est de nous tenir au courant, de dénoncer les erreurs, d’illustrer un point ou une méthode de la pratique théorique pour le bien de l’usine et l’enseignement de l’ouvrier soviétique, de combattre la délinquance de toute sorte et surtout la bureaucratie, en attirant l’attention sur une suggestion négligée dont le bureau de rationalisation ne veut pas se soucier.
Il y a aussi un livre de réclamations dans notre restaurant d’usine. Cela contribue à l’efficacité de notre service de restauration.
Les personnes responsables d’une erreur n’aiment pas voir leur nom ou leur service mis au pilori dans les journaux de l’usine, le bulletin mural ou le livre des plaintes. L’ensemble de ces organes de publicité contribue à rendre l’atmosphère de l’usine très saine.

LES TRAVAILLEURS ÉTRANGERS VEULENT AIDER

Au début, les trente Américains employés dans notre usine n’ont pas été entraînés dans cette affaire d’autocritique familiale ou, en fait, n’ont pas été intéressés à écrire pour la presse générale sur les conditions dans l’usine et les progrès que nous faisions. C’est en grande partie la faute du Moscow News qui n’a pas pris contact avec eux. Les Américains n’étaient que trop heureux de le faire lorsque cela était nécessaire. Les Américains n’étaient que trop heureux de le faire lorsque la question leur était posée et la presse était très heureuse de recevoir leurs remarques. Nous nous sommes organisés et avons envoyé des rapports constants de progrès et de critiques qui ont été mis en évidence. De nombreuses lacunes et problèmes s’étaient accumulés qu’il était nécessaire d’exposer. Le Moscow News, imprimé en anglais, nous a accordé une page entière. Le journal d’usine imprimé a fait de même. Ces exposés du point de vue des ouvriers américains ont eu un effet très positif sur l’ensemble du système administratif de notre usine. Le mot imprimé a un grand pouvoir et est d’une valeur énorme dans la construction socialiste. L’auteur d’un article n’est jamais empêché d’écrire ce qu’il considère comme juste. Mais il doit énoncer des faits concrets. Le directeur a été renvoyé parce qu’il n’a pas fait avancer le travail selon le plan ; un nouvel homme a été mis à sa place et a fait le changement nécessaire qui a augmenté la production et nous a permis de réaliser notre plan à plus de 100 pour cent. La presse a le mérite d’avoir donné de la publicité aux problèmes et aux progrès de cette usine.

Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV 6-2-7610

Cela n’a été possible que grâce aux correspondants ouvriers. J’ai moi-même contribué à un bon nombre d’articles et j’ai contribué à organiser les travailleurs de notre usine pour qu’ils écrivent à la presse. Il est important que tous les travailleurs étrangers écrivent à la presse au sujet de leurs usines et de leurs problèmes dans l’intérêt de la construction socialiste.

COMMENT LE KOLKHOZNlK OBTIENT NOS MONTRES

Notre ancien directeur était très pessimiste. Il était satisfait quand l’usine ne produisait que 40 % de ce que nous avions prévu pour 1931. Il n’a jamais insisté sur une augmentation de la production et il a été renvoyé.
Le nouveau directeur a mis la gomme et toute l’administration s’est réveillée. Le contre-plan des spécialistes étrangers fut repris, dont le point essentiel était de se concentrer sur deux types de montres seulement, une montre de poche et une montre-bracelet du modèle le plus populaire.

[NDT : Les quatre types de montres étaient: une montre de poche pour les travailleurs du chemin de fer à 15 rubis, une montre de poche économique à 7 rubis, une montre-bracelet pour femme à 15 rubis, une montre-bracelet économique à 7 rubis. Les types II, III et IV furent abandonnés au profit du type I décliné en une version à 7 rubis et une autre à 15 rubis. Conçu comme montre à gousset, cette montre était disponible sous forme de montre-bracelet en plaçant le mécanisme dans un boîtier à anse. Cette « montre-bracelet » était d’une taille inusuelle qui trahissait son origine.]

Ainsi, il nous a été possible de produire 105 à 110 pour cent de notre plan. ,
Maintenant nous avons un surplus de ce qui est requis de notre usine selon le plan. Nous vendons notre surplus de montres de poche à nos fermiers collectifs.
Chaque usine est rattachée à une ferme collective qui fournit des produits aux ouvriers de l’usine. L’année dernière, nous avons eu très peu de fruits ou même de légumes. Mais maintenant que nous avons un surplus de production, nous pouvons vendre des montres aux fermiers collectifs. Et chaque matin, nous recevons des légumes frais en abondance. Quand on ne voyait même pas les pommes de terre nouvelles dans les magasins généraux, les ouvriers de notre usine en recevaient dix kilos chacun. Notre magasin spécial de la coopérative est bien mieux approvisionné en légumes et en fruits qu’il ne l’était il y a un an.
Cette année, il y a une meilleure organisation des subotniks ou de l’aide volontaire à notre kolkhoze. Chaque jour, une brigade se porte volontaire pour travailler à l’arrachage des pommes de terre ou des légumes après les heures de travail. Notre kolkhoze n’est qu’à une heure de notre usine et si la brigade y arrive avant 17 heures, il lui reste encore plusieurs heures de travail à faire avant la nuit.
J’ai participé à plusieurs de ces expéditions d’aide volontaire. L’arrachage des pommes de terre, par exemple. Est-ce que cela m’a plu ? Franchement, pas du tout… du moins, pas après. C’est un travail difficile et, en tant que novice dans l’arrachage des pommes de terre, je me suis lancé dans une violente compétition avec un couple de jeunes ouvriers de notre usine pour voir qui pouvait arracher le plus de pommes de terre. Je les ai battus. Mais je suis revenu à moitié mort et je n’oublierai jamais combien mes os étaient douloureux le lendemain. Si arracher des pommes de terre n’est pas un don, c’est certainement une chose à laquelle un homme doit s’habituer. En d’autres occasions, je suis allé trier des pommes de terre en hiver. C’est un travail très désagréable, avec de la terre jusqu’aux genoux. Mais j’ai fait de mon mieux et j’ai fait du bon travail. Je considère ces subotniks comme des devoirs impératifs et non comme des sacrifices personnels. Je suis prêt à aider partout où je peux. La construction socialiste est le plus grand travail qui ait jamais été tenté dans l’histoire du monde. Elle requiert toutes nos mains, sans rechigner.
Et à la mesure de nos efforts volontaires, que ce soit dans un subotnik ou dans notre travail quotidien, elle réussit. Les subotniks, pour la grande majorité des gens, et surtout les subotniks intéressants en plein air, sont un sujet de joie et de bonne humeur. Les bleus reviennent toujours endoloris et en pleine forme. C’est parce qu’ils y mettent toutes leurs forces. Les jeunes en font une fête. C’est une fête. Matériellement, en dehors de la valeur de l’exercice, ces subotniks sont bons pour nous. Les cerises, pommes et pastèques, que l’ouvrier soviétique aime tant, ont fait leur apparition dans notre magasin d’usine plus tôt que dans les autres magasins coopératifs. Notre restaurant d’usine est capable de préparer de meilleurs repas pour nous. Le buffet de notre usine est également mieux approvisionné. Des bonbons, du cidre, de la gelée, divers plats de salade et du miel naturel peuvent être obtenus à des prix très bas grâce au lien qui nous unit à notre ferme collective.
Et tout cela découle de l’augmentation de notre production. Néanmoins, nous ne pouvons pas dire que nous produisons suffisamment de montres pour répondre à la demande. On m’a souvent demandé pourquoi il n’y avait aucune de nos montres en vente dans les magasins. L’éducation culturelle et la demande de garde-temps précis augmentent énormément. Nous sommes en train d’agrandir notre usine, en construisant un étage supplémentaire pour soulager l’encombrement constant dû à notre croissance. Mais il faudra bien plus que la quantité de montres que notre usine peut produire pour satisfaire le vaste marché intérieur de l’Union soviétique.

LES TRAVAILLEURS ÉTRANGERS LÀ-BAS – ET ICI

En Amérique, les travailleurs étrangers sont exploités de toutes les manières possibles par le gouvernement et par les patrons. On leur donne des noms méprisants, « rital », « hunkey » [NDT : extrêmement péjoratif, désigne les immigrants originaires d’Europe de l’Est], et ainsi de suite. Ils reçoivent les salaires les plus bas. Même la loi est défavorable à un étranger qui n’est pas citoyen des États-Unis d’Amérique. Ils mangent la pire nourriture et vivent dans les bidonvilles. S’ils élèvent une protestation, ils sont maltraités, menacés d’expulsion et même déportés. Dans les usines, ils sont montés les uns contre les autres et poussés à travailler plus dur. On leur conseille également de ne pas adhérer à leur syndicat et de ne pas s’associer à d’autres organisations de travailleurs.
Ici, en Union soviétique, le contraste est comme entre le jour et la nuit. Lorsqu’un étranger vient travailler ici, les travailleurs soviétiques le considèrent comme un citoyen de l’Union soviétique qui participe à la construction du socialisme. Il est invité à se joindre aux activités des ouvriers de l’usine, à participer aux réunions, à devenir membre du syndicat, à écrire au journal mural, à soumettre des suggestions d’amélioration ou à critiquer. Il est logé avec une chambre et des meubles par l’administration de l’usine. Il est rattaché à un magasin d’alimentation comme tous les autres ouvriers, selon le système de rationnement qui assure la juste distribution des aliments et des denrées. Pour cela, on lui remet un carnet qui lui permet d’acheter les meilleurs aliments à un prix inférieur à celui du marché libre. Les meilleurs clubs ont des sections étrangères et les divertissements sont donnés en langues étrangères. Même la radio a un programme étranger dans presque toutes les langues.
Ici, lors d’une réunion, par exemple, vous pouvez parler dans n’importe quelle langue. Même dans les bureaux du gouvernement ou les tribunaux populaires, vous pouvez parler anglais, car il y a toujours un interprète pour traduire. De nombreux citoyens soviétiques apprennent une langue étrangère supplémentaire, dans la plupart des cas l’anglais ou l’allemand. En fait, il est surprenant d’entendre tant de gens parler anglais.
Un travailleur étranger a tous les droits légaux de la citoyenneté soviétique et bénéficie automatiquement d’une assurance sociale contre les accidents, la maladie ou la mort, s’il travaille dans une institution ou une usine soviétique. Il bénéficie même d’une assurance voyage qui est accordée à toute personne ayant un billet dans un train, un bateau ou un avion soviétique.
Une très grande attention est accordée à un travailleur étranger ici. S’il a des plaintes à formuler, il est rapidement entendu.
Il y a aussi beaucoup de travail culturel auquel les étrangers, avec leurs familles, sont invités à participer. Des livres, des brochures et des journaux sont imprimés dans la plupart des langues et les journaux d’usine publient des pages spéciales en langues étrangères. Les travailleurs étrangers, les spécialistes et les touristes de passage sont invités à écrire pour ces publications.
Il n’y a aucun préjugé ni aucune discrimination à l’égard des étrangers.
Le chauvinisme qui existe en Amérique contre les Noirs n’est pas connu ici. Certains des premiers Américains de Stalingrad ont d’ailleurs été expulsés de ce pays pour avoir tenté de maintenir cette discrimination à l’égard des Noirs travaillant à Stalingrad.
En Union soviétique, un travailleur étranger de toute race, nationalité ou couleur, homme ou femme, a les mêmes droits qu’un citoyen soviétique. Cela inclut même le droit de voter aux élections, ce droit étant basé sur le fait qu’il ou elle est un travailleur de l’État et a donc le droit de choisir son représentant. Cela implique le droit du travailleur étranger d’être élu aux soviets de la ville et, en fait, à tout poste gouvernemental si les travailleurs votent pour lui. Bien sûr, il serait exagéré de prétendre que le chauvinisme, surtout en URSS où il y a tant de nationalités différentes, a été entièrement surmonté dans la pratique. Mais la base pour le surmonter est donnée, et une lutte continue est menée contre tous les signes de chauvinisme.

Je connais beaucoup de spécialistes ici qui ont rejoint la Brigade des métiers du métal et qui consacrent leurs heures de loisir à aider à construire l’industrie soviétique du métal. Ils sont un atout pour l’industrialisation soviétique et leurs expériences sont des plus précieuses. Ils aident les travailleurs soviétiques et forment la jeunesse, en soumettant des suggestions pratiques et en aidant à les réaliser. Lors des prêts à l’industrialisation, ils ont été parmi les premiers à souscrire 100 % ou plus de leurs salaires mensuels, se lançant des défis et donnant un exemple de conscience sociale. Beaucoup de ces spécialistes étrangers s’entendent si bien qu’ils ont l’intention de s’installer définitivement en Union soviétique. Ce n’est pas le genre d’Américains qui viennent ici pour faire de l’argent et qui, lorsque tout ne se passe pas exactement comme ils le souhaitent, rompent leur contrat et rentrent chez eux en courant pour pousser des cris. Ce sont d’honnêtes prolétaires qui voient un avenir radieux et qui sont venus apporter toute l’aide qu’ils peuvent à notre puissant programme. Le fait que les travailleurs étrangers bénéficient de conditions non seulement égales, mais à bien des égards meilleures que celles des travailleurs russes, leur impose des devoirs correspondants. Ils ont le devoir d’aider les travailleurs russes et de contribuer à la réalisation de l’édification du socialisme.

MA CORRESPONDANCE INTERNATIONALE

C’est une aide précieuse pour moi et mes camarades de travail. Mes correspondants étrangers m’envoient beaucoup d’informations sur les conditions de vie et de travail à l’étranger. De ce fait, je consacre une grande partie de mon temps libre à écrire sur notre vie et notre travail en Union soviétique. Ici, tout est si fondamentalement différent de ce qu’il est dans les pays capitalistes. On ne peut pas vivre ici et voir tant de raisons de s’enthousiasmer sans avoir envie de s’asseoir pour en parler au monde entier, pour dire combien les conditions de travail sont meilleures ici que dans n’importe quel autre pays, combien on s’occupe bien des travailleurs dans cet État ouvrier, comment, chaque jour et de toutes les manières, les choses vont de mieux en mieux.

LA VIE CULTURELLE SOVIÉTIQU
E

La vie culturelle dont jouissent les travailleurs en Union soviétique est remarquable. Dans notre usine, nous avons un club où nous passons notre temps après le travail. Chaque soir, des films y sont projetés. Une belle bibliothèque et une salle de lecture sont à notre service. Il y a aussi une cafétéria, une salle pour les jeux comme les échecs et les dames et une salle de réunion spacieuse. Ici, des cours sont organisés pour que les travailleurs étrangers apprennent le russe. Il y a un groupe de théâtre auquel on peut se joindre et qui donne des représentations assez fréquemment. Il y a aussi une chorale et une classe pour apprendre à jouer des instruments de musique. En plus de ce club, nous avons un grand cinéma d’été. Dans la cour de récréation du jardin, des activités sportives sont toujours en cours. Il y a un pavillon d’orchestre, un pavillon de lecture et une crèche pour les enfants, sous la responsabilité d’infirmières qualifiées.
En Union soviétique, les enfants d’ouvriers font l’objet d’une attention particulière. Ils reçoivent une éducation que seuls les enfants de riches reçoivent en Europe et en Amérique. Ils grandissent robustes et solides, les joues rouges et joufflues. Leur petit corps robuste, bruni par les bains de soleil, est une image à voir en été. Ils reçoivent la meilleure nourriture du pays, sont surveillés par le médecin et formés avec soin dès le début.
Pour un étranger, leur sagesse politique est étonnante. J’ai entendu un enfant d’environ dix ans discuter de politique internationale avec son père. Chaque fois que j’entame une conversation avec un jeune soviétique, je me rends compte de mon manque de connaissances politiques. Beaucoup de jeunes de quinze ans ont appris deux langues. Certains de ceux que je connais parlent parfaitement l’anglais. Je n’ai jamais vu de jeunes aussi enthousiastes dans leurs études et je n’en ai pas encore trouvé un seul qui n’ait pas l’ambition de devenir ingénieur technique ou du bâtiment. On leur donne toutes les chances d’acquérir des connaissances et, à la fin de leurs études, ils sont placés à des postes où ils ont le plus de chances de réussir. Je regrette seulement de ne pas avoir eu ces chances quand j’étais enfant.

MES CONDITIONS DE VIE


Lorsque je suis venu travailler ici, l’administration de l’usine m’a offert une chambre. C’est nécessaire, car Moscou et la plupart des autres villes d’Union soviétique sont très très surpeuplées. Un nombre sans cesse croissant de personnes sont employées dans les villes et les nouvelles villes industrielles qui se développent dans toute l’Union soviétique. Par conséquent, le problème du logement est très important dans chaque ville, malgré le grand nombre de nouvelles maisons et d’immeubles qui sont construits à une vitesse record pour faire face à la demande phénoménale.
Cependant, je n’ai pas accepté la chambre car je n’étais pas sûr au départ de la durée de mon séjour. De plus, je ne souhaitais pas vivre isolée. J’ai donc trouvé un logement chez une famille russe, ce qui m’a également permis de voir comment vivent les Russes eux-mêmes. J’ai découvert comment cette famille de quatre personnes et une femme de ménage se débrouillait. Ils s’habillaient comme l’ouvrier américain moyen, et ils mangeaient quatre fois par jour. Ils me faisaient aussi manger quatre fois par jour. Souvent, j’allais au cinéma ou me promenais pour ne pas manquer le quatrième repas qui était servi à 22 heures. Je n’avais l’habitude de manger que trois fois par jour comme en Amérique, et je n’étais pas un gros mangeur. Sinon, la cuisine était excellente et j’aimais leur façon de préparer les repas.
Ils avaient un appartement de quatre pièces et beaucoup d’espace pour moi. Leur loyer était de dix pour cent du salaire de l’homme qu’ils versaient à la coopérative qui avait construit la maison. Comme tous les ouvriers de l’usine, ils appartiennent au magasin coopératif de notre usine et aussi à la coopérative de construction où ils vivent. Chaque membre de la famille a une ration alimentaire qui est plus que suffisante pour qu’il soit bien nourri. Par exemple, chaque ouvrier reçoit deux livres de pain par jour à cinq kopeks la livre et les autres produits alimentaires de première nécessité sont vendus à bas prix aux ouvriers par l’intermédiaire de leurs magasins coopératifs fermés. Les vêtements, les chaussures et autres articles similaires sont également rationnés, chaque personne de la famille ayant droit à des vêtements suffisants à des prix spécialement bas.
Le rationnement des produits qui sont temporairement insuffisants permet à chaque travailleur d’avoir sa part des nécessités de la vie. Il s’agit d’un nouveau pays dont le niveau de vie augmente, un pays qui, face au boycott financier mondial, a dû créer et construire ses propres industries en partant de la base. Sous le tsar, par exemple, seul un paysan aisé pouvait avoir un luxe tel que des chaussures en cuir.
L’industrie de la chaussure a dû être créée à partir du bas de l’échelle et il faudra un peu de temps avant qu’elle ne soit assez importante pour produire suffisamment de paires pour les cent soixante millions de personnes. Il en va de même pour les nouvelles industries qui produisent d’autres marchandises, comme les vêtements, les meubles et autres. Ce sont toutes des pénuries temporaires qui sont dépassées à un rythme inouï par le développement des ressources du pays. Aucun autre pays n’a jamais eu un tel problème, celui de sortir son peuple entier de la pénurie et de la privation, de fournir à ses millions d’habitants des produits qu’ils n’ont jamais eus auparavant et qu’ils n’ont jamais espéré posséder à l’époque noire du tsar. Le deuxième plan quinquennal a fixé la tâche d’une grande augmentation de la production de produits de base pour le marché « libre » et cela porte déjà ses fruits.
Personne n’a besoin d’économiser de l’argent pour la vieillesse ou la maladie. Les travailleurs peuvent dépenser tout l’argent qu’ils gagnent, car ils sont assurés de leur salaire, maintenant et à l’avenir. De plus, il n’y a pas de factures de médecin à payer, ni de factures d’hôpital qui grèvent le budget familial. Pas de factures d’assurance. Ces services sociaux sont gratuits pour les travailleurs. Même les billets de théâtre, de cinéma ou de concert sont donnés aux travailleurs à des prix très réduits. De nombreux concerts sont gratuits.
Je ne payais que 150 roubles par mois pour ma chambre et mes repas. Mais quand la femme de chambre les a quittés, j’ai demandé à l’administration de notre usine de me donner une chambre. C’était huit mois plus tard et les chambres étaient très rares. Il était très difficile de trouver une chambre. Mais, après avoir cherché partout, ils ont trouvé une chambre dans une toute nouvelle maison de cinq étages où j’ai vécu depuis.
C’est un appartement moderne d’une pièce. Il est équipé de l’électricité, de la radio, du chauffage à vapeur, de la ventilation, de placards muraux, et a deux grandes fenêtres.
Il est équipé de l’électricité, de la radio, du chauffage central, de la ventilation, de placards muraux et de deux grandes fenêtres qui donnent beaucoup de lumière. Ma chambre fait 16 pieds sur 12. La salle de bain et les toilettes sont séparées. Il y a une kitchenette, un évier et un placard pour la nourriture et les ustensiles. Tout est beau et lumineux, confortable et accueillant. Depuis que j’ai réalisé la rareté des chambres à Moscou, j’apprécie cet appartement bien plus que tous les autres privilèges qu’un étranger peut obtenir.
Moscou n’est pas une ville où l’on peut se sentir seul. Depuis que je suis arrivé en Union soviétique, je n’ai pas eu un seul jour ou même une seule heure d’inactivité où je me suis retrouvé sans rien faire. Il y a tant de choses à faire, tant de choses à voir et à apprendre, tant de choses qui peuvent occuper toute votre attention, que je trouve que le temps passe plus vite que jamais dans ma vie auparavant. En dehors du temps que ma correspondance internationale exige de moi, même ma jolie « petite » chambre ne me voit guère, sauf quand je rentre me coucher.


Voilà...
Le livre se termine par un récit de vacances à la campagne et des généralités politiques en faveur de l'URSS.
J'espère que cela aura intéressé l'un de vous.
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Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV Empty Re: Un ouvrier américain à la 1ère Fabrique de Montres de Moscou (1934) IV

Message  JM50 Jeu 29 Sep - 9:56

"J'espère que cela aura intéressé l'un de vous" : Oh oui, et 1000 mercis l'ami ! En lisant ce texte, j'avais en même temps dans l'oreille la voix de Joan BAEZ ... Tu sais bien: " Here's to you Nicholas and Bart, here's to you ..." Une part oubliée voire méprisée de l'histoire récente de notre petite "boule bleue comme une orange". Et bien entendu toujours la même histoire (je te re-cite à nouveau) : "faire entrer le boulon rond de la générosité personnelle, dans la tige carrée de la dictature déguisée sous ses oripeaux de collectivisme unitaire et de partage" ...
SEIKO qui "pompe" VOSTOK, ROLEX qui ventile de l'héro dans les narines sniffant le statut, des capi de ce bas-monde ou du moins, de ceux qui veulent croire ou faire croire qu'ils en font partie ... E la nave va ... "Un capo, due capi", n'est-ce pas ? Bon, c'est pas tout, ça : je retourne à mes vieilles tocantes. Bien à toi, Papy Jean depuis la Normandie des vaches (celles des prés, pas celles de Deauville ;-)
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